Complètement jeté.

Dix heures dix.

Au milieu du long couloir de l'hôtel, il pense qu'il doit être tard. Il n'en sait rien. A vrai dire, il s'en fiche. Il a voyagé toute la journée, il est fatigué, mal rasé et deux valises étirent ses bras. Il fouille ses poches. A droite, un ticket de métro et une demi-cigarette se battent en duel, à gauche, un plan de Paris, un autre de Londres et l'addition du bouiboui fumeux-crasseux où il a commencé la soirée cohabitent. Pas traces de clef. Bon.
Il déambule dans le couloir pour s'affaler sur les marches de l'escalier interminable. Mollement, il sort de sa poche les deux capitales et compare leurs rues. Paris, avec son réseau fourbe de cul-de-sac, d'impasse et de ruelles trop minces lui évoquent les cellules de son cerveau hors d'usage. Londres, elle, avec la Tamise, ses ponts, Buckingham Palace et les parcs rappellent plutôt un territoire perdu, comme une île au trésor. Il promène lentement son index le long du parc Saint James, contourne le palais, bifurque vers le British Museum. La ville entière reçoit la visite de son doigt décharné, lorsqu'un filet de bave descend directement de sa bouche béate pour s'écraser sur le papier glacé, le ramenant à la froide réalité des marches en béton.
Péniblement, il lève son pauvre derrière congelé pour le hisser à l'étage supérieur. En vingt minutes, les vingt marches ont été grimpées, mais c'est plutôt la rambarde qui a fait cet intense effort. Enfin, il respire. Mais son souffle est coupé lorsqu'il s'aperçoit qu'il a oublié ses bagages en bas. Ni une, ni deux, il redescend l'escalier sur les fesses. Cette fois-ci, il lui faut presque une heure pour remonter. A l'arrivé, il peine, il suffoque et plie déjà les genoux pour s'avachir sur ses valises lorsqu'il se rappelle ce qu'elle contiennent pour se relever d'un bond. Il doit faire quelque chose. Mais quoi ? Impossible de se souvenir. Il s'allonge sur la moelleuse moquette de luxe et ferme les yeux pour tenter une réflexion. ......
Un instant plus tard il est à nouveau debout. Une croix. Une croix rouge. Il faut qu'il trouve une croix rouge dans cet hôtel. Il pose un pied devant l'autre, trébuche, titube, est pris de vertiges et tombe carrément. Il se rattrape à une poignée qui s'abaisse et qui ouvre une chambre. Il est dans un hôtel VIP, et ici, le client est roi et riche, peu importe qu'on lui dérobe une babiole à deux milles Euros.
Il pose ses précieuses et entre, poussé par les vapeurs d'alcool qui émanent même de sa peau. La chambre est aussi grande que la mairie du bled ! Ah, non, ce n'est que le vestibule. Plus loin, un lit démesuré croule sous les draps soyeux. Il s'approche de plus en plus avec cette témérité qu'ont les hommes bourrés, et se penche sur la soie blanche. D'où vient elle ? Cette question s'impose à son esprit torturé par le cognac. Il cherche à y répondre, emmêlant ses méninges et détricotant ses neurones. Au moment où il effleure l'étoffe avec un respect ému, quelque chose bouge en dessous. Curieux, il relève le drap, faisant ainsi apparaître, non pas une belle femme, mais un petit homme qui tout à coup s'éveille pour lui hurler des insanités à la figure avec un tel accent ! Déjà qu'il ne parle français que sous la torture, se faire postillonner au visage par un laideron ! Hors de question. Et l'autre qui continue de s'égosiller ! Bon, il en a marre, ce vacarme lui brouille l'esprit, il le tue et ressort de la chambre. Avant, il a regardé l'étiquette du drap. Made in China. Sans blague.
Il se balade, gratouille la moquette avec ses ciseaux ensanglantés, fait crisser ses semelles sur le carrelage de la salle de bain d'une chambre inoccupée, porte ses valises sur la tête, les pieds, avec les dents. Il frôle les murs de son nez, les désimaculant automatiquement. Il est tard, c'est sûr, mais ça l'indiffère toujours autant. Il ne trouve pas la croix rouge. Alors il ouvre la valise orange et en extrait de la peinture, sa peinture. Car monsieur est un artiste, n'en doutez point. Mais un artiste à croûtes, brimé, refoulé, incompris et au final, supplié d'arrêter. Cette nuit, il ne s'encombrera pas de pinceaux pour exprimer l'essence de sa vocation. Une quantité infinie de tubes s'entassent et il veut les vider tous, absolument. Il peint des fresques sur les murs, paysages de vignes au soleil sur lesquelles pèse la neige où des bambins en bikinis galopent. Les portes sont des arbres, les dormeurs des indiens, les veilleurs des cadavres, les escaliers sont des bateaux et la moquette déchiquetées est jonchée de pots vides. Méthodiquement, il étale sur ses mains du bleu de Prusse et s'en essuie le visage. Il customise son costume de longues estafilades rouge primaire et jaune poussin. Le troisième étage offre la mer violette, le quatrième un champs bleu et dans le cinquième s'étale un laque orange de montagne. Il est à cours de couleurs et abandonne la première valise pour hisser en suant à grandes eaux la seconde au sixième. Elle est lourde, mais utile. Il n'a pas encore le droit de l'ouvrir.
Toutes les chambres sont ouvertes à cet étage. Il entre dans chacune d'entre-elles, poussant les portes avec délicatesse, flottant sur le tapis avec la légèreté d'une ombre chinoise. Trois petites filles grassouillettes se prélassent dans des lits de princesse et plus loin, un couple édenté se dispute la couette mauve. Il ouvre les penderies et s'affuble de dentelles. Sur sa tête, trois soutien-gorges réchauffent ses oreilles et à ses poignets pendouillent quelques paires de tongs. Il s'amuse avec des colliers de perles et des bagues de diamants. Des boutons de manchettes sont collés façon eye-liner près de ses yeux avec de la glue à faux-ongles lorsqu'il tombe nez à orteils avec un trésor. Des chaussures roupillent dans une malle kitch. Il essaye, par exemple, une paire Louboutin avec 16cm de talons, des escarpins escarpés et tortillants, des chaussons fourrés d'une sorte de guimauve, des Repettos luisantes et des mocassins en croûte de porc, qu'il embarque d'ailleurs, de même que le bikini rayé enfilé sur son costume. Empoignant la valise, il découvre l'ascenseur qui l'amène sur le toit-terrasse. L'excitation des ses essayages lui a ôté sa quête de l'esprit et c'est avec ferveur qu'il prospecte sous les tables et retourne les pots de fleurs.
Vue d'ici, la ville lumière est éblouissante. La tour Eiffel éclaire son étrange couvre-chef et les lampadaires semblent proches. Il veut en attraper un, se penche, encore, un peu plus.... Et bascule dans le vide. Se rattrapant de justesse à la rambarde, il se moque bien des battements de son c½ur et se balance pensivement avant de se hisser à nouveau. Il lui semble que les contours des objets sont plus nets, l'alcool s'efface pour laisser la place au mal de tête. Mais il n'a pas besoin de liqueur pour être fou et un tube de rouge à lèvre vient s'écraser contre l'arrête graisseuse de son nez. Il revient dans le bâtiment et cette fois, la chasse commence. Il parcourt les couloirs en courant à petits bonds ridicules avec la sensation de s'être perdu. Vous savez, cette impression étrange de ne rien reconnaître autour de vous. Il s'arrête pour grimacer devant une peinture affreuse avant de s'apercevoir que c'est la sienne. Soudain, la beauté de l'½uvre lui saute aux yeux.
Dans une chambre d'enfants, des jouets couvrent le sol. Couché à l'interieur d'un lit en fer forgé, un blond bébé joufflu pousse d'énorme soupirs. Il cherche des vêtements, de quoi s'amuser, mais même lui ne peut prétendre entrer dans une grenouillère. Au final, il trouve un lourd hochet en argent, cadeau de baptême sans doute. Il s'en sert pour assommer rêveusement l'enfant. Ou le tuer. Il l'observe avec indifférence. Il a fait ça tellement de fois qu'il ne s'en soucie plus.
Il regarde une plaque d'or. « Hôtel Bivouac ». Pourquoi le « Bivouac» ? C'est tellement sobrement snob comme nom ! Lui l'aurait appelé « Le canari dans la boue dorée » ou « La boule de glace qui s'écrase sous le tapis bleu ». Peut-être aussi « L'hôtel des âmes perdues dans le hochet en argent ». Brusquement, il se ravise. Ca ne rentrerait pas sur la plaque. Le doute l'assaille, la peur le saisi, l'angoisse monte. Il faut trouver un nom, tout de suite !!! « Le place du caniche » lui saute à la tête. Oui, voilà, ça fera l'affaire. Retrouvant sa sérénité, il ajoute une couche culotte sur sa tête, pour l'ornement, vole un kumquat et s'enfuit comme un gamin. Il passe à la réception, son biceps tiraillé par le poids du bagage. Il passe à la cuisine, vidant le jus d'orange dans le tiroir à couteau avant d'y répandre consciencieusement du caviar. Après quoi, il passe à plat ventre devant la loge du concierge. Il sait bien ramper, on le lui a appris. Dans le sable, la boue ou sur le carrelage, c'est kif-kif. Sur les tapis de la Mosquée, c'est plus difficile. Le tissu brûle les genoux. Soudain, une voix stridente le sort de son état de somnambule aviné.
-« Je parle quand je veux, à qui je veux et de ce que je veux !!! »
Une pulsion meurtrière le reprend. Il saute sur ses espadrilles compensées Les Trois Suisses et entre dans la pièce. Deux minutes plus tard, il en ressort. La femme s'est tue, tué étranglée par le fil du combiné. Il a les nerfs en pelote et revient sur ses pas pour s'abreuver dans le mini-bar. La caisse de champagne dégringole dans son gosier. Après s'être soulagé dans une casserole en cuivre, il inspecte des document et feuillette des rapports qui ne nous intéressent pas d'un poil. A l'étage, il passe au peigne fin une chambre inoccupée. Et au sens propre. Il passe vraiment un minuscule peigne rose de Barbie sur la moquette. Il répète ce geste inlassablement depuis une heure lorsqu'il décide rentre l'objet à la fillette qui le serrait dans son petit poing. Il remonte l'hôtel, vérifiant au passage sa tenue et celle de ses fresques. Il pénètre dans la chambre et ne résiste pas à l'envie de passer les doigts dans la chevelure noir de jais de la fillette, qui s'éveille aussitôt, les yeux embués de sommeil. Lorsqu'elle aperçoit cet adulte déguisé au visage bleu et rouge orné de bouton de manchettes, elle éclate d'un rire contagieux. A la fin de leur fou-rire, il lui demande naïvement :
- C'est joli chez vous, madame.
La petite fille met un peu de temps à comprendre son accent saugrenu, puis répond.
-Ce n'est pas ma vraie demeure.
Il devient soudainement plus émotif qu'une adolescente romantique et de grosses larmes dégoulinent sur ses genoux. Elle le console.
-Ce n'est pas grave, tu sais. Il n'y a pas de couleur ici, monsieur. C'est tout triste.
Alors il la prend par la main et lui montre les murs colorés. Elle s'émerveille.
-Monsieur... Tu regardes sous mon lit ? »
Docilement, il se penche et découvre avec stupeur la croix rouge. Glacé par l'effroi, il se relève avant de demander d'une voix tremblante :
-C'est toi la petite princesse ?
C'est au tour de la petiote d'acquiescer. Alors il se résigne, pousse la valise sous le lit et l'ouvre. Le mécanisme s'enclenche pendant qu'il déroule un long tuyau sur lequel est inscrit « SOUFFLEZ » La fillette le regarde, étonnée. Mais il obéit encore une fois. Souffle.

Tout explose.

# Posté le mercredi 25 février 2009 04:46

C'est du joyeux!

La nuit était noire et son coeur amorphe. Aucune étoile, aucun espoir
ne brillait à l'horizon morne et rien ne laissait deviner un monde meilleur derrière celui-ci. Qaund, soudain, derrière la masse sombre d'un rocher perça la clareté. Ce qu'elle vit alors dépassa les limites de la beauté, pulvérisant au passage celles du bonheur et de la plénitude.
Devant elle, les montagnes baignaient dans la lumière orangée d'un soleil éternel. Ses rayons déteignaient sur les environs, la plate plaine n'était plus qu'une mare dorée et enchanteresse où pouvait bien se cacher un avenir splendide. des rangées de buissons fleuris illuminaient le regard de couleurs pétillantes, leurs pétales variaient de la simple corolles à la voluptueuse ombrelle en passant par le curieux réservoirs. Les feuilles des arbres gigantesques bruissaient en un doux murmure dans l'haleine tiède du vent, le vert lustré de leurs veinules étincelant en rythme. En contrebas de ce plateau immense serpentait en multiples méandres un paresseux cours d'eau bleuté, aux pâles reflets turquoises. Sous le courant calme apparaissait parfois brièvement l'écaille d'un poisson coloré, venu cueillir un parasite à la surface ondulante.
Des mésanges se mêlaient aux oiseux du paradis dans un chant mélodieux, quelques cailles trottaient entre des faons peu farouches et des marcassins imprudents beuglaient à voix basse. Partout, les animaux et la flore régnaient en seul maître et pas une ville, pas un campement ni un triste hameau ne venaient assombrir le paysage parfait.
Elle inhala et sentit les douces effluves de la nature envahir ses poumons. Se penchant pour observer un coccinelle rebondie, elle vit la terre brune et grasse se couvrir instantanément de brins d'herbes bien portant. Sur ce gazon fleurirent en une seconde des fleurs éparses au coeur jaune. Sans qu'elle n'eut besoin de porter quoique se soit à sa bouche, elle sentit un gout de miel envahir ses papilles. Elle redressa la tête, rejetant ses cheveux ébouriffés par un si long voyage par dessus son épaule et lorsque ses paupières se rouvrirent, elle ne respira plus.
Sur un fond de beauté exquise se tenait un homme, grand, finement musclé qui lui souriait de toutes ses dents. Ses cheveux bruns et courts renvoyaient les éclats de lumière vers le ciel bleu, et son regard s'accordait parfaitement avec l'or de l'astre scintillant. Deux fossettes creusaient ses joues et des rides de joie plissaient le coin de ses yeux qui exprimaient un bonheur certain, réel et solide. Les mains de l'inconnu étaient posées sur ces hanches dans un geste amical, sa peau bronzée rendait la luminosité aux alentours et il lui semblait qu'elle entendait le sang circuler dans les veines de ce jovial inconnu. C'était un homme heureux, heureux d'être lui et de la voir là. C'était le premier qu'elle voyait ainsi et un rire inné lui chatouilla les entrailles avant d'exploser au grand jour. Son interlocuteur fit de même et c'est en se tenant les côtes qu'ils se connurent vraiment.
Le fou rire passé, elle pouvait sentir ses poumons fonctionner et il lui semblait que son coeur s'était enfin remit à battre.

# Posté le mercredi 21 janvier 2009 13:14

Modifié le samedi 24 janvier 2009 15:18

Bon, okay, j'avais dit que mes textes seraient joyeux, mais là, y avait une chanson trop byzre et ca m'a inspiré. Encore une fois, ce texte n'a pas grand chose à voir avec moi.

La flamme de la bougie tremblote. Elle éclaire ton beau visage, tes yeux doux et chauds, tes cheveux hirsutes. Je sais que c'est pas bien de mentir, mais j'avais envie de te voir comme ça. Le coup de la panne d'électricité, c'est nul, mais tellement beau. On es amis. Je sais. Je sais que ça ne changeras pas. Tout simplement parce que jamais je n'oserais te faire part de mes sentiments. Mais ce soir, j'avais envie de te parler, de t'écouter. De te voir et de sentir ta présence. Tu es si étrange au bahut que je n'aime que te voir ici. Là bas, il y a une foule files qui se pavanent dans l'espoir de te faire craquer, toutes en mini-jupettes et gloss pailleté. Tu es avec ta bande de copain, tu rigole, tu fais le con, tu t'éclates. Ces filles, je sais bien que tu t'en fous, mais je voudrais que tu les repousse, que tu les brise. Je te voudrais pour moi seule, toujours.
Tes lèvres murmurent des mots qui roulent contre mon coeur. C'est drôle comme l'obscurité fait chuchoter. Ta bouche s'entrouvre, se plie, se ferme, soupir et sourit. Tes doigts papillonnent pour illustrer tes propos. Tes mains tournent et se tordent, parfois tu t'emportes comme une tempête, souvent tu es calme et elles courent sur les cordes de ta guitare. J'aime te voir parler. C'est beau je trouve, les mots qui sortent, les syllabes qui s'accrochent à tes dents blanches pour ne pas te quitter, les consonnes que tu dévore à moitié, les voyelles que tu accentue légèrement. Ta voix grave qui roule et s'enroule autour de moi pour me jeter dans tes bras. Mais je ne me laisse pas faire. Trop peur de te perdre comme ça. Tu tes coupé en te rasant, et près de l'oreille, un poil orphelin m'attendrit. Je ne sais pas pourquoi je t'aime comme ça.
Tu te tais. Tu regarde la bougie avec tes yeux fatigués, tu la caresse de tes pupilles. Je frissonne. Tu es beau comme ça. Tes grandes mains, ton jean déchiré, ton t-shirt large, tes muscles que l'on devine à peine. Ta carrure d'homme, ta grandeur et puis toutes ces pensées qui s'envolent quand tu es avec moi. Tu réfléchis, tu commentes, tu t'emportes, t'attendris et te tais. Le jour du divorce de tes parents, tu as hurlé, pleuré. Les jointures de tes mains étaient blanches. Pendant plusieurs heures, je t'ai consolé, parlé avec des mots ronronnant, caressé les cheveux. On ne se connaissait presque pas à cette époque et pourtant je t'aimais déjà. Tu plante tes yeux dans les miens. J'ai horreur que tu fasse ça. Ca me donne envie de t'embrasser et je n'ai pas le droit.
Tu ouvre la bouche et tu te remets à parler. Tu parles d'elle. Je déteste. Je voudrais me boucher les oreilles. Je voudrais que tu partes loin. Je te hais. Oui, en cet instant même je te hais d'en aimer une autre. Cette autre qui est si douce, si calme, si délicate, si belle et si fraîche. Cette autre qui a le droit de t'embrasser, elle, et de te sauter au cou quand elle te voit. Elle n'a droit qu'à tes bons coté, et elle ne t'a jamais vu pleurer. Je garde ce triste privilieges. Tes sautes d'humeurs, tes désespoirs et tes déprimes, les larmes qui coulent doucement sur des joues, tout ça, il n'y a que moi qui les vois. Elle, elle t'as tendre, doux, heureux et serein. Oui, bien sûr, elle te mérite. Elle est super cette fille. Charmante et intelligente. Tu la mérite aussi. Mais moi? Chacun de tes mots pour elle se transforment en poignards pour moi, et déjà je suis morte à l'intérieur.
Tu dois repartir. T pose les mains sur tes genoux, tu soupire encore et tu me dis merci. Merci de t'écouter sans rien dire, merci de te contrer des fois, de te comprendre toujours et de te laisser hurler parfois. Je me lève, tu en fais autant, et toujours grce à la bougie, je te raccompagne à la porte. La nuit est noire. Elle est froide. Et elle n'est pas accueillante. C'est bien fait, je me dis, et pourtant je te propose une couverture.
Tu me fais la bise et tu t'enfonce dans la nuit. Une odeur d'after-shave flotte sur mes joues. J'en ai marre de ne garder que ton parfum.

# Posté le samedi 29 novembre 2008 11:11

Mort

La maladie me ronge depuis longtemps. Ce cancer précoce dévore mes défenses immunitaires. Je me suis battue, oui, battue, avec acharnement contre ce mal. La chimio, les médicaments, les ponctions, j'ai tout subit. Pas une fois je n'ai pleuré. Lorsque j'ai mal, je ferme les yeux pour ne pas voir les autres pleurer à ma place. Ils sanglotent bêtement alors qu'ils ont encore de longue années à vivre . Aujourd'hui, je sais que tout est perdu, que jamais plu je ne verrais les oiseaux, les arbres, les torrent. Je n'aurais plus jamais l'occasion de me blottir dans les bras d'un homme. Aucun espoir de voir grandir des enfants, aucune chance de vieillir au soleil. Aujourd'hui, je suis à la clinique, dans une chambre immaculée, deux aiguilles dans les bras, chargées de repousser l'heure de ma mort. Repousser. Si je n'avais pas passé ma vie à repousser l'instant où je quitterais ce monde, je me moquerais. La porte est verrouillée. Je ne veux pas les voir s'effondrer à mon chevet. Je veux pouvoir encore rêver un peu d'amours magnifiques et de plaines vertes et tendres. Je veux continuer à croire à la magie, je ne veux pas penser à ma fin. Je sais qu'elle est proche. Depuis ce matin, je sais que je vais mourir. Un gout de sang m'habite, mes mains sont presque vertes. Mes yeux sont deux orbites fatiguées, mon crane est chauve. Je suis cadavérique, comme on dit. Tout ce que je mange, je le vomis. Mais je ne veux pas penser à ça. Je veux réfléchir. Je n'aurais rien accompli dans ma vie. Je pars sans laisser de trace sur cette planète. Et je crois que c'est mieux comme ça. Ce serait trop dur de partir sinon.
une infirmière tente de rentrer, mais la porte ne s'ouvre pas. Elle soulève le store d'un index tremblant, colle sa tête à la vitre et me regarde. Je la vois, je lui souris. Je m'amuse de son air triste, de ses yeux ternes et de son teint livide. Elle a peur pour moi. Etrangement, je suis sereine. Je n'avais aucune chance de rémission, je le vois à présent. La seule chose que j'ai eut, c'est le droit de mourir dans une chambre individuelle et impersonnelle qui sent le désinfectant, éclairée par un néon qui tremblote. La fenêtre est masquée par des rideaux, je ne veux pas voir le parking. Finalement, je suis heureuse de mourir. Je n'aurais plus mal.
et je saurais ce que ça signifie, la mort. Est-ce que je n'existerai plus? Est-ce qu'il y a un monde après? Si c'est le cas, je voudrais que ce soit un monde merveilleux, ave des elfes, des lutins e des fées. Je voudrais que ce soit un monde magnifique, où je retrouverai ma chevelure longue et souple, où j'aurais des formes, des hanches, des seins, une taille. Des jambes surtout pour courir et danser.
Soudain, j'ai peur. Personne ne m'attendra là bas. Je devrais faire le voyage seule.

...

Je me suis endormie. J'espérais être morte, mais je crois que je n'ai plus beaucoup de temps à vivre. Je me lève en me cramponnant à mon lit. J'enfile ma robe mauve, un peu grande et je me maquille avec soin. Et puis, j'éteins l'interrupteur avant de me recoucher. J'attends. J'attends de sentir mon esprit s'envoler. J'arrache mes perfusions, ca suffit maintenant. J'en ai assez d'attendre. Je crois que j'ai espéré ce moment toute ma vie,c'est à dire seize ans. La délivrance est proche. Quand est-ce que la mort daignera t-elle arriver?

...

Encore une fois, je me suis assoupie. Je suis gelée et mes pensées s'emmêlent. Mes oreilles bourdonnent. Je ne veux pas bouger, j'ai peur que la mort prenne peur et s'enfuie. Des rayons de lumières filtrent sous la porte et les rideaux. Ils tremblent. Mes yeux tremblent, et des petits points noirs mangent ma vision. Je me sens fébrile. Je ne sens rien. Ma peau deviens insensible, mes yeux ne bougent plus. La faucheuse desserre les étaux uns à uns. Je n'ai plus mal d'ailleurs. Je pense une dernière fois au soleil puis je ferme les yeux.

Et je meurs.

Enfin.

# Posté le mardi 04 novembre 2008 06:36

une nouvelle byzarhe, certes, mais critiquez, allez y, n'ayez pas peur.

Pires ennemies.

Anita Grenning, élève de la Medical Academy, dans la ville de New Carrey, Californie, était une longue silhouette mince à la chevelure de rêve, brune, dense, ondulée, soyeuse. Ses longues jambes perchaient son buste muni de petits seins haut placés à bonne hauteur. Le tout était surmonté d'un visage d'ange, pourvu d'un nez en trompette, de lèvres framboisement pulpeuses et de deux yeux verts aussi perçant que ceux des faucons.
Ce corps magnifique était trompeur, car Anita était une véritable peste. Elle ne devait sa place dans cette école qu'à l'argent de son père et à sa moyenne tout juste suffisante. Toujours suivie de faire-valoir plus belles que 90% des femmes mais moins belles qu'elle, Mlle Grenning arpentait les couloirs entre les cours pour ridiculiser la première personne venue. Les élèves masculins n'avaient d'yeux que pour elle, mais quelques-uns uns tentaient courageusement de rester fidèles à leurs petites copines subitement ordinaires. Certains, moins raisonnables, ne pensaient qu'à saisir ses lèvres et étendre ses mensurations. Les plus beaux semblaient avoir les faveurs de leur reine, qui les faisait courir un moment, puis les laissaient se jeter sur elle avec avidité avant de se lasser et de s'en détacher. Les autres, moins beaux, tentaient leurs chances, en saisissant parfois une. Très vite, les plus intelligents étaient devenus ses larbins et faisaient ses devoirs pour recevoir ne serait-ce qu'un regard.

Clara Ashley, meilleure élève de l'Académie, était la seule à pouvoir rivaliser de beauté avec cette écervelée. Contrairement à Anita, elle utilisait sa matière grise pour faire ses devoirs et suivre les cours Elle avait une relation stable avec Gregory, chérubin aux yeux bleus ciel, chevelure noire plutôt longue et lèvres savamment douées. Adulée par les professeurs, Clara était boursières, fine, blonde et ses yeux gris reflétaient son intelligence.
Toujours en jeans, jamais en robe, seulement lors de dîners aux chandelles avec son fiancé, Clara était vouée à une magnifique carrière. Dès le premier jour de son admission, elle avait osé répondre à une des critiques vexantes de la bombe sexuelle de l'école, ce qui lui avait valu d'être persécutée par la bande de mannequins accrochée aux fines chevilles de Grenning. Cependant, elle trouvait toujours une contre-attaque à leurs paroles, et dans des situations désespérées, elle gardait le sourire et arrangeait les dégâts. Même lorsque au moment de se laisser emporter par Greg, elle découvrit des vers de pêche dans son lit, elle éclata de rire et se débrouilla pour ne pas perdre la face.
Cette désinvolture insultante faisait trépigner Anita de rage, d'autant plus que son règne de terreur fut rudement ébranlé par cette première de la classe trop populaire pour être fréquentable, d'après sa politique de cruauté. Après plusieurs tentatives pour lui arracher l'amour de son séduisant amoureux, elle redoubla de rage devant l'indifférence manifeste de Gregory, qui remettait ainsi en cause son taux de séduction.
Vous comprendrez aisément pourquoi très vite, on leur fit endosser le titre de pires ennemies.

Jimmy Clizaer, élève de première année, avait en vue de répéter une manipulation de base avant un examen important. Lorsqu'il ouvrit la porte, il ne se rendit compte de rien. Il se dirigea sur la gauche, à l'opposé de la paillasse de chimie, pour appuyer sur l'interrupteur. La lumière fut, et là encore, il ne la remarqua pas. Il se hâta vers le placard réfrigérant contenant les estomacs de génisse et choisi une belle pièce. Il revêtit ses gants, ajusta sa blouse blanche et s'empara de l'organe. Il referma le placard d'un coup de talon, et eut un soupir en pensant à ses amis en train de paresser dans le parc pendant qu'il révisait. Il contourna la paillasse et le morceau de viande tomba à ses pieds, éclaboussant de sang le carrelage immaculé. Clara Ashley gisait, étendue sur le sol, les yeux ouverts, une moue indifférente aux lèvres, comme pour lui dire « Qu'est ce qu'il y a ? » . Il hurla en réalisant stupidement qu'elle était morte.
La police arriva, l'ambulance aussi. L'ambulance n'était pas pour la jeune fille, non, s'eut été absurde, puisqu'elle était morte, mais pour Jimmy. Sa crise d'angoisse avait réveillé son asthme et sa figure pale se contorsionnait dans d'affreux spasmes. Déjà, une foule de jeunes gens se pressait contre les banderoles de sécurité, avec, en premier plan, les apprentis légistes qui ne voulaient rien perdre du spectacle. Le teint pâle de Clara semblait les facsiner. Une éprouvette glissa de ses doigts pendant qu'on la mettait sur une civière et le bruit du verre brisé calma instantanément les étudiants.
Le seul élève à se trouver dans la zone était Gregory, le visage baigné de larmes, caressant sa douce amie d'une main tremblotante. Lui aussi fut embarqué par la police, mais après de multiples et ingénieux stratagèmes pour le faire bouger, les policiers préférèrent faire appel à la psy de l'établissement. Elle réussit tant bien que mal à stopper l'accès de végétation de Greg mais tout ce qu'on put tirer de lui étaient des murmures et des marmonnements qui étaient propice à croire que la folie rongeait ce visage d'ange. On plaça le jeune homme dans une cellule de dégrisement le temps qu'il revienne à lui, toujours escorté par la psychanalyste.

La police ne voulut rien dévoiler aux élèves, qui furent cloîtré dans l'aile B, réservée aux chambres des internes, c'est à dire la plupart des étudiants. Sans prendre part aux piaillements d'Emilia et Cindy, ses meilleures cruches de compagnie, Anita réfléchissait et voyait le problème se profiler à l'horizon. Son regard parcouru la chambre. Devant elle, une coiffeuse dont on ne voyait plus la table, croulait sous les produits de beauté de chacune. Trois armoires débordantes de tenues sexy, des collections de paires de chaussures plus hautes les unes que les autres. Trois lits en fer forgé doré, des murs roses bonbons et des portraits de célèbres acteurs parfois dédicacés à la « Délicieuse et ravissante Anita... » Un long miroir vertical lui renvoyait son image, pensive, et aussitôt, elle rajusta ses cheveux parfaits. Non, ce n'était pas bon du tout.


Décès à la Medical Academy.

Hier soir, à treize heures quinze, une inquiétante découverte à été faite à la Medical Academy de New Carrey, Californie. Loin d'être d'ordre médicale, quoique, il s'agit de la mort d'une boursière nommé C. Ashley. D'après nos sources, l'autopsie a décelé la trace d'un poison mortel dissimulé dans un filet de saumon et une salade verte, menu de la cantine de midi. Le cadavre a été découvert dans le laboratoire de permanence, où les élèves peuvent se rendre à toute heure du jour. Sa présence n'étant pas inexpliquée, personne ne s'était inquiété de la voir disparaître durant la pause déjeuner En effet, élève zélée et très douée, la victime révisait souvent, et ses nombreux amis n'hésitaient pas à lui demander de l'aide. « C était une fille très aimée dans l'établissement. Interne, il lui arrivait de passer la moitié de la nuit à réviser. Elle nous manquera. » a précisé le proviseur, le très réputé professeur Lemarc, chirurgien. La police refusant de nous en dire plus, nous vous retrouverons demain, avec de nouvelles informations sur cet acte terriblement choquant.

Anita referma le journal. Pas trace de Gregory dans tout ce charabia. Patience.

Un acte criminel à la Medical Academy.

Il y a deux jours, le cadavre de C.Ashley a été retrouvé dans le laboratoire de la Medical Academy. Un examen de la substance tenue pour responsable de la mort de la jeune fille âgée de 20 ans a amené à la considération d'un acte criminel. En effet, la cyanure de potassium aurait été déversé en forte quantité dans la sauce à salade, le verre d'eau et le saumon du plateau repas que la jeune fille avait avalé au laboratoire. Sa résistance incroyable à une dose si élevée ne s'explique pas. « Dans certains organismes, quelques gènes sont anormaux, sans pour autant que cela aient de graves conséquence. [S'ensuit une explication très compliquée sur des particules de défenses aux toxines] Cela dit, une minute après avoir terminé son repas, la victime est décédée. » Nous explique le professeur Nicholson, toxicologiste. Mlle Ashley n'ayant pas finit son assiette, le plateau a été emporté par la police pour être examiné. On attend toujours avec impatience le témoignage du petit ami de la victime.

Anita soupira. Ce meurtre ne la réjouissait pas. Même pas un tout petit peu. Elle se savait parfaitement innocente, mais qu d'autre le pensait ? Elle s'entre-déchirait avec Clara depuis des années, mais de là à la tuer... De plus, elle n'avait pas vraiment d'amis, à part des bécasses à son service. Si elle se souvenait bien, ce midi là, elle avait heurté de plein fouet Greg au self. Il apportait son plateau à Clara. Tout le monde les avait vus, surtout lorsqu'elle avait fait un grand sourire charmeur au jeune homme. Il s'en souviendrait, c'était certain. Tout pesait contre elle. Comment faire ?
Il n'y avait qu'une solution : enquêter pour sauver sa peau.
Elle fila se doucher. Sous le jet d'eau chaude, ses traits se détendirent jusqu'à lui donner dix ans de moins. Rester dans l'ombre un moment. Ils n'avaient pas de preuves contre elle. Demain, elle commencerait le travail. Rien de plus facile que de prendre la poudre d'escampette.
En sortant, elle entrevit une équipe de policiers fouiller la chambre de sa pire ennemie. Elle entrevit la blancheur simpliste des murs et eut une certitude ridiculement ordinaire : si on avait assassiné Clara, deux raisons se montraient à elle : soit quelqu'un l'enviait trop, soit elle avait un secret.
Elle se concentra sur la première idée. L'idée de cette fille à papa magouillant lui semblait profondément idiote. Clara ? Un malus ? Il y a une erreur dans l'équation.
Elle se mêla aux discussions pour voir si quelqu'un haïssait Ashley.

Couchée sur son lit, enveloppée dans sa nuisette de soie, Anita se demanda si la mort de Clara l'attristait. Elle dut réaliser que oui. Non seulement elle serait la première suspectée, mais en plus cela la privait de son occupation habituelle. Elle se dressa sur son lit. Il était cinq heures quarante et une, tout le monde dormait, sauf elle.
Personne dans l'Académie ne trouvait à redire au comportement modèle de la morte. Pourtant, quelqu'un l'avait tuée. Qui ? Un élève ? Une personne extérieure ? Il lui fallait fouiller. Gregory était beau garçon. Une soupirante ? Ou un soupirant passionné ? Trop de piste à envisager.
Une image lui frappa le front avec vigueur. Clara, adossée à son casier, écrivait dans un cahier noir. Lorsque Anita s'était approchée, elle avait caché le paquet de feuille dans son dos. Ce pouvait être un cahier de cours. Non, personne n'écrit un cours avec un stylo orange. Son journal intime peut-être. Mais dans la dernière édition du journal, indiquant surtout que la police ne délivrait plus rien, que les cours seraient suspendus jusqu'à la fin de l'affaire et que Greg s'était tiré de sa léthargie mais que la police ne pouvait pas l'interroger sans l'accord de la psy, qui refusait, il y avait aussi un paragraphe voué à la fouille des affaires personnelles de Clara. Son casier, sa chambre. Suivait un inventaire détaillé où était soulignée l'absence de journal intime ou de quelque chose dans le même genre.
Ce journal intime était important. Il fallait le trouver. A l'évidence, si personne ne l'avait trouvé, c'est qu'il contenait des informations secrètes, suspectes. A présent, Anita était sure que ce cahier noir, sans étiquette était parcouru de lettres oranges racontant la vie de Clara. Où l'avait-elle caché ? Le placard à organes ? Non, c'était trop fréquenté. L'infirmerie ? Non, ce n'était pas discrets. Il fallait un endroit peu fréquenté, mais où Clara pouvait se rendre en toute impunité. L'aile C ? Peut-être bien. L'homéopathie ? Encore trop fréquent. Qu'est ce que personne ne faisait plus ?
La pharmacie. La classe des apprentis pharmaciens avait été supprimée à cause de sous effectifs. Les classes n'étaient plus suffisantes et les salles, verrouillées, étaient souvent un repaire de club plus ou moins orthodoxes.
Elle se leva et enfila un pull noir très décolleté et un jean qui lui moulait fièrement le derrière. Ses ballerines plates frôlaient le carrelage, ne faisant aucun bruit. Le silence oppressant la reposa, curieusement. Les jacassements de ses lèches-bottes la fatiguaient finalement. Elle mit dix bonnes minutes à atteindre l'aile C. Soudain, elle eut peur. Un meurtrier traînait dans le coin, il ne fallait pas l'oublier. Soudain, derrière chaque porte pouvait se cacher une ombre menaçante, à chaque coin de couloirs elle pouvait rentrer dans un criminel.
Elle se ressaisit. Ca n'avait pas été facile de passer outre la surveillance des brigadiers. Elle se saisit de sa barrette et remercia Dieu d'être aussi coquette. Elle s'acharna sur la serrure, remuant à tout va sa pince à cheveux. Une fois que le clic salvateur eut retentit, elle alluma prudemment le vieux néon et poussa un petit cri. Elle était face à un squelette de laboratoire plein de poussière. Posant précautionneusement ses Bata sur le sol encombré de moutons de saleté, elle ouvrit tous les placards, en vain. Rien, pas de cahier, même pas le moindre calepin.
Son c½ur battait à tout rompre. Elle avait peur, peur de ces couloirs si silencieux, peur de l'obscurité effrayante, peur que le moindre mouvement ne la pousse dans la mort. Quand soudain elle se rappela que le crime avait été commis avec du poison. Mais tout de même, au besoin, on pouvait l'attaquer. Ils avaient tous des Scalpels dans leurs trousses !!!
-« Je n'aurais jamais du faire médecine. »Maugréa-t-elle.
Elle s'effondra sur une chaise. L'assise se brisa. Anita fut vexée, évidement sans aucune raison, mais très vite elle chassa sa bouderie et regarda sous chacune des chaises. Sous la quatrième se trouvait scotché un cahier noir. Elle jeta un coup d'½il à sa montre. Six heures vingt. Si elle ne se dépêchait pas, elle ne pourrait pas donner le change.
Elle sortit après avoir soigneusement essuyé toutes ses traces, ses marques, et n'oublia pas de récupérer sa barrette avant de se faufiler dans sa chambre et e se remettre au lit, serrant le cahier contre elle.
A sept heures, le réveil retentit. Pourquoi faire ? Il n'y avait pas cours ! Elle sortit du lit péniblement. A couverture sombre se détachait sur les draps roses et elle le glissa dans son sac de cuir Dolce&Gabbana. Puis, elle empoigna ses affaires et s'enferma dans la plus grande cabine de douche.
Enveloppée dans sa serviette, les cheveux trempés, elle s'adossa à la cloison et ouvrit le cahier.

Je n'ai pas le droit d'en parler, même à toi. On s'est mis d'accord sur notre couverture. Je sais qu'on va réussir.

Je l'aime. Il est intelligent, tendre et beau. Quoi de plus ? C'est réciproque !

Cette peste de Grenning épuise son maigre cerveau pour me tendre des pièges trop sots que je décèle un à un. Elle croit vraiment pouvoir berner une scientifique comme moi ?

-« N'empêche que la peste s'emploie à trouver ton assassin. »pensa Anita. Pour qui se prenait-elle ? une scientifique ? Elle apprenait juste pour l'instant ! A moi que. Elle retourna au premier extrait. Par la suite, Anita ne faisait pas illusions à cela.
Je n'ai pas le droit d'en parler, même à toi. On s'est mis d'accord sur notre couverture. Je sais qu'on va réussir.
Réussir quoi ? Elle haussa les épaules et continua de parcourir le cahier. Elle découvrit avec satisfaction que Clara relatait très souvent les humiliations qu'elle avait tentées de lui assener, réussissant parfois. Clara n'avait pas été une faiblarde, elle devait l'avouer. Ca mettait du piment dans le quotidien, avant que ça ne la mette dans les embrouilles. L'écriture allongée et soignée de Clara se troubla.
Je suis allée au sous-sol. Une porcherie ! Ils pourraient nettoyer quand même, je ne suis pas la bonne. C'est moi qui aie eut l'idée de les créer.
Au sous-sol ? Il n'y avait pas de sous-sol à l'école ! de « les » créer ? Les ? Mais, que magouillait cette vicieuse ?
On toqua à la porte.
-« Oui ? » dis Anita.
Pamela, une terrorisée préférée d'Anita lui dit :
-« Je viens de la part du proviseur. Les policiers vont t'interroger demain soir, à sept heures et demie. »
-« C'est bien, bon chien chien. Ecoute Pamela, ça ne te dirait pas d'aller jouer à la chimiste ailleurs ? J'aimerais faire mon brushing sans avoir ta figure sous le nez ? »
L'autre tourna les talons, et Anita sortit quelques minutes plus tard, ses cheveux soyeux voletants derrière elle. Des garçons lui adressèrent un sourire charmeur. Elle s'attarda auprès d'Adam, qui se fit un plaisir de la raccompagner à sa chambre. Elle se posta à la fenêtre pour réfléchir. Elle regardait dehors sans voir, mais lorsque soudainement elle se tira des ses pensées et plissa les yeux, elle aperçut un toit en face. Le toit d'une maison. Qui avait peu-être un sous-sol ? Elle alla dans le couloir et invita Adam à entrer dans a chambre, donnant automatiquement le signal à ses colocataires de ne pas entrer. En coup de clefs dans la serrure les arrêterait, de toute façon.
Adam passa sa main fine dans ses cheveux blonds et plongea ses yeux bruns dans les vertes iris d'Anita. Il s'approchait lentement d'elle pour se pencher sur ses lèvres quand, au dernier moment, elle s'esquiva et alla vers la fenêtre, croisant les bars sous sa poitrine, ce qui eut pour effet de la remonter encore plus.
-« Je me suis toujours demandée à qui appartenait cette maison. »mentit-elle avec aisance.
Adam s'approcha derrière elle et dit de sa voix grave :
-« Oh, elle appartient à Madame Perkin, mais ça fait dix ans qu'elle n'est plus habitée »
Elle se tourna et tomba nez à nez avec lui et l'embrassa en pensant à autre chose. A Gregory par exemple. Ou à Clara. Au journal aussi. Mais très vite, elle se rendit compte qu'Adam, lui, ne pensait qu'à elle et bien plus découverte que ça.

Quand elle sortit avec Adam pour aller à la cantine, quelques heures après leur baiser, Anita serrait son sac contre elle, persuadée d'avoir trouvé le fameux sous-sol. Mais comment y accéder ? Sortir de l'école lui était impossible. Sauf... Sauf si elle était convoquée chez les flics. Une idée lui vint en tête et elle ne put s'empêcher de sourire de sa sournoiserie.

Le lendemain, à sept heures trente tapante, elle arriva au commissariat de New Carrey, encadrée par deux flics. On l'emmena dans le bureau du commissaire. Juchée sur des talons compensés exagérément hauts, moulée par un jean et protégée du froid par un pull à grosse maille, elle fut accueillie chaleureusement par le commissaire. Trop chaleureusement. Elle eut droit à des questions de bases, puis, il commença une autre série. Connaissez-vous intimement Gregory ? Vous plait-il ? Qui sont vos proches ? Avez vous trouvez quelque chose de louche dans l'attitude de Clara ?
A toutes les questions, Anita répondit la vérité, mais elle ne cita pas le journal intime. Vint la redoutée :
-« Aimiez vous bien Clara Ashley ?
Elle se risqua sur le terrain miné à petit pas :
-« On ne peut pas dire que l'on se vouait une amitié fraternelle, mais j'admirais Clara pour son répondant. »dit-elle avec diplomatie.
Lorsque enfin, il sortit chercher des dossiers d'autres élèves, elle comprit qu'il savait qu'elle était la terrible reine des couloirs. La méchante belle-mère, Clara faisant office de Cendrillon. Cependant, elle tentait de venger cette cruchasse de Cendrillon, et n'hésita pas une seconde. Elle enleva ses compensées, fracassa les carreaux à l'aide du talon et sauta dehors, courant à perdre haleine. Derrière elle, une cavalcade et des injonctions. Elle sourit. Elle avait trop d'avance, ils ne pouvaient pas tirer. Elle arriva bientôt chez Perkin et fit le tour de maison. La nuit allait tomber, il fallait qu'elle trouve cette satanée cachette. Elle fouilla les buissons, rien. Avisant le soupirail, elle gratta la terre, s'emplissant les ongles de poussière et découvrit un tuyau planté dans le sol. Elle y trouva une clef, ouvrit la grille, entra, referma et redisposa la terre à grand peine, un bras entre les barreaux. Ensuite elle avança. Elle dégaina rapidement son portable, et éclaira faiblement sa route le soupirail devenait crasseux étroit et bas, où elle dut bientôt ramper, son petit nez délicat reniflant la puanteur du sable moisi. Lentement, une sensation d'écrasement lui parvint. Anita se sentit prisonnière et se força à avancer. Soudain, elle se cogna à une paroi. Elle tâtonna. Aucune ouverture, rien, un cul de sac. Elle allait probablement mourir, coincée ici pour l'éternité. Le désespoir l'étreignit, les larmes coulèrent sur ses joues. Elle refusait son sort ! non ! Il fallait qu'elle sorte, qu'elle retrouve Adam, Pamela et les cruchasses ! Elle avait bâti son empire sur sa terreur ! Elle avait réussi à faire une chose et elle ne voulait pas cesser de le faire ! Elle cogna violemment la paroi et celle ci dégringola. De la lumière ! Une sortie ! Elle poussa sur ses bras meurtris et tomba sur le carrelage froid. Elle se releva, remis le carré de béton en place et observa la pièce. Une longue table bleue sur laquelle plusieurs tubes à essais attendaient, emplis de poudres et de liquides de couleurs diverses. Elle s'avança prudemment. Dans des bocaux à confitures, des pastilles bleuâtres patientaient. Elle lut les étiquettes. « Premier essai » « Second essai », etc. Un bloc notes était ouvert.


Huitième essai de pilule euthanasique.
Le rat a des spasmes musculaires profonds. Dix minutes après ingestion, le décès est constaté. Comment aller plus vite ?


Des pilules euthanasiques ? Ca n'existait pas ! Anita ressortit le cahier noir.

Je n'ai pas le droit d'en parler, même à toi. On s'est mis d'accord sur notre couverture. Je sais qu'on va réussir.

Elle croit vraiment pouvoir berner une scientifique comme moi ?

Ils pourraient nettoyer quand même, je ne suis pas la bonne. C'est moi qui aie eut l'idée de les créer.

Tout s'expliquait, l'idée de les créer, la scientifique, les mystérieux Ils et On. Clara et au moins deux autres personnes essayaient de fabriquer des pilules euthanasiques, sans doute pour les vendre à prix d'or a des assassins ou à l'Etat, sans doute le plus offrants. Elle parcourut le calepin. Il y avait trois écritures, les longues lettres de la victime, des phrases plus petites, concises, carrées et des mots griffonnés au stylo bic noir. Trois personnes, dont Clara.
Elle se tassa dans un recoin, bien protégée aux cas où quelqu'un arriverait, un scalpel à la main si ça ne suffisait pas. Elle continua la lecture du journal de Clara.

On est pas d'accord. C'est la première fois. Je préfèrerais la vendre à des gens honnêtes, pas eux ! Je m'en fiche, je suis la plus intelligente, c'est moi qui ait fait presque tout le travail !

Ils sont de plus en plus bizarres, je ne comprends pas. Il faut que je prenne des précautions. Je vais te confier un secret : il va falloir qu'ils m'attendent, puisque maintenant, je suis la seule à savoir comment faire pour passer du liquide au solide.

Je ne leur aie pas encore dit, pour la cristallisation. J'ai peur, ils se montrent étranges dans le sous-sol.

Le cahier s'arrêtait brusquement. Avait-elle été surprise ? Anita Grenning réfléchissait. Clara n'avait pas parut inquiète les derniers jours de sa vie. Peut-être un peu nerveuse. Elle appuya sa tête au mur. Quelqu'un avait tué Clara Ashley pour s'attribuer le mérite de la pilule et gagner plus d'argent. Ils n'étaient plus que deux, et si l'un des deux était vraiment fourbe, il n'hésiterait pas à tuer son collègue. Soudain, un bruit se fit entendre dans le soupirail. Quelqu'un arrivait. Elle se tassa du mieux qu'elle put, se cachait sous un meuble, faisant presque corps avec le sol. Son c½ur battait à tout rompre et elle avait très envie de fermer les yeux. L'assassin de Clara était là, peut-être.
Le carreau tomba, une silhouette en tomba. Anita n'en cru pas ses yeux. La pauvre, la tarte, l'idiote Pamela se tenait devant elle, ses cheveux crépus devenus presque blancs, sa peau noire grisée par la poussière.
-« J'en ai marre !! Il...il m'avait dit que...que ça finirait. Il avait dit qu'après, il serait à...à moi...Et maintenant, je dois terminer le travail ! Comment je fais moi, pour...pour cristalliser, hein ? Y avait qu'elle qui savait... et il...il l'a tuée ! »pleurnicha Pamela.
-« Il dit que je dois trouver le cahier, qu'il, qu'il m'aidera ! Je sais pas où il est moi, ce cahier ! En ...en plus... la pauvre Anita est suspectée de meurtre !! »sanglota la pseudo scientifique.
Anita serra le cahier contre elle. Pamela la nunuche se faisait du souci pour elle ! Après des années passées à la tyranniser ! Elle était sado maso cette fille ou quoi ?
Aux mots qui suivirent, elle sentit son c½ur se glacer d'effroi.
-« Il faut que je la tue ! Mais je...je ne veux pas moi ! Je ne suis pas une....une...une criminelle ! Comme Clara, il a dit. Je ne veux pas ! C'est...c'est lui qui a tué notre Clara ! »
Qui voulait obliger la misérable Pamela à la tuer !
-« Je...je vais lui dire moi, qu'il...Qu'il ne faut pas ! Ou, ou alors, il le fera lui-même ! » continua elle.
Pamela tourna les talons, et Anita se hâta de passer par le soupirail. Qui voulait la tuer ? Il n'y avait qu'une solution pour le savoir : attendre. Mais si on la tuait comme Clara, elle ne s'en rendrait pas compte. Il faudrait être observatrice.
Une fois à la lumière du jour, Anita se félicita d'avoir sa chambre au réez de chaussé, elle put passer par la fenêtre pour y accéder. Sauf que lorsqu'elle releva la tête...
-Tiens tiens ! Mlle Grenning ! Revenu! On vous croyait en cavale!”
Le commissaire et son équipe se tenaient au milieu de la pièce.
-« Comme vous pouvez le voir, votre chambre a été retournée par un inconnu Je dirai plutôt un homme, puisqu'il a réussi à retourner votre lit ! Que diriez-vous de ne nous suivre au poste ? »
Elle n'eut pas le choix et dut les suivre. Sa chambre était sans dessous dessus, les meubles éparpillés, les sacs éventrés et les penderies vidées. Un spectacle qui lui fit mal au c½ur.
On la poussa dans le dos et elle sortit au milieu du couloir.
La honte.

Quelques heures plus tard, Anita Grenning fut mise en cellule. La fouille de sa chambre remettait l'accusation en cause, mais sa fuite et son refus d'avouer pour le moment jouaient contre elle. Sa bouche n'avait strictement rien dit, mais le commissaire, devant sa moue boudeuse et ses longues jambes, pensait qu'il fallait la protéger d'une éventuelle attaque. Personne ne devait la nourrir ou l'abreuver s'il ne faisait pas partie des membres de la brigade criminelle. Le café fadasse l'horripilait, elle posa donc sa tasse avant de lire le journal.

Gregory se réveille.

« Gregory, le petit ami de C. Ashley, s'est tiré de son était de choc, et suspecte deux jeunes filles. L'une d'elles à échappé à la police, attirant les accusations de meurtres... »

-« Salut. »lança une voix suave.
Elle leva les yeux. Quand on parle du loup... Gregory était la, devant la cellule, une tasse à la main.
-« Tu viens titiller le tigre en cage ? »répliqua Anita.
-« Absolument pas. Je viens t'apporter un café. Enfin, un capuccino, de chez Luciani, ton italien. » dit il, lui tendant sa tasse.
-« Merci. » dit-elle.
-« Je sais que le café de la prison est insipide. Vas-y, bois. »
Elle fixa la tasse. Les phrases se mélangeaient dans sa tasse. « Ne te fais servir que par la brigade elle-même. » « il le fera lui-même ! »...
Gregory ? Non, cela devait être une erreur. Il aimait Clara.
Mais...les pilules ? On peut faire semblant d'aimer...Elle le savait mieux que personne. L'était de choc ? Du pipeau ? Ca se pourrait bien.
Elle reposa sa tasse à coté d'elle.
-« Jamais avant le repas, tu sais bien. Je la boirais tout à l'heure. Merci encore. » dit elle, avant de faire mine de se replonger dans sa lecture.
-« Comme tu veux ! » répondit-il, un sourire enjôleur vissé sur la visage. Il partit.
Vite, elle n'avait que peu de temps. D'un trait, elle avala le café de la prison, et renversa la tasse de porcelaine dans le gobelet en plastique. Puis, elle attendit le dîner, nerveuse et piaffante. Ca ne rata pas. Cinq minutes après le repas, Greg revint la voir.
-« Alors, ce café ? » demanda-t-il.
-« Excellent ! »lança-telle, lui montrant sa tasse vide !
-« Dors bien ! » dit il en partant.
Ca dépend de quelle façon on voit les choses...pensa Anita.
Elle hurla qu'elle voulait voir le commissaire tout de suite, qu'elle avait des aveux à faire. Un quart d'heure après, elle arrivait à bout de voix dans son bureau, le cappuccino à la main.
Elle s'assit sur une chaise, croisa les jambes et prit une profonde inspiration avant de tout expliquer. On fit examiner la tasse. Les résultats n'arriveraient que trois jours après.
Un plan fut élaboré.

Anita soupira. Coincée pour la deuxième fois dans le soupirail, un brigadier se rinçant l'½il derrière elle. Elle ne rêvait que d'une chose : une bonne douche ! Elle se força à avancer et fracassa le béton avec assurance. Elle dégringola, ensevelie par deux hommes deux fois plus lourds qu'elle. Elle suffoqua et parti se cacher, dissimulant au passage les brigadiers.
Gregory et Pamela arrivèrent cinq minutes après. Ils s'installèrent.
-« Tu veux un beignet ? » demanda Greg à Pamela.
La dernière accepta. L'idiote ! Anita réfléchit très vite. Elle ne pouvait pas laisser faire ça. Elle banda ses muscles et sauta sur la nunuche. Le beignet vola et atterrit aux pieds du commissaire, déboulant à l'instant par la porte de la cave de Mme Perkin. Gregory étouffa un juron, Pamela fondit en larmes et Anita eut très faim.
-« Pièce à conviction! » dit le commissaire, se penchant pour rattraper la pâtisserie.



« L'affaire Ashley élucidée.

Hier soir, le commissaire a surpris deux jeunes gens dans un laboratoire secret. L'un d'eux, le petit ami de la victime, est déclaré coupable d'assassinat sur la personne de C. Ashley, étudiante en Médecine et de tentatives d'assassinat sur P. Savara et Anita Grenning. Savara etait complice dans le meurtre de C.Ashley. Les deux étudiants travaillaient en compagnie de C. Ashley sur un projet resté secret. Il semblerait que leur meneuse ait été trop honnête et soit devenue gênante. Une fois élimine, une formule fut emportée dans sa tombe. Gregory James-Henri tirait les ficelles en vérité, terrorisant P. Savara et manipulant C. Ashley.
C'est grâce à l'aide de la première suspecte, Anita Grenning, qu'on a retrouvé la pièce secrète. Son évasion était le seul moyen de poursuivre son enquête périlleuse sur, paradoxalement, sa pire ennemie. Sauvant sa peau, prouvant sa non-culpabilité et empêchant Savara de mourir empoisonnée, elle se couvre de gloire et quitte sa carrière de chirurgienne esthétique pour se consacrer au stylisme.... »

Anita roula le journal et tapa sur le crane de Cindy :
-« Alors, cette manucure ? »

# Posté le samedi 13 septembre 2008 14:02